Avec plus de 40 langues officielles dans les Etats membres du Conseil de l’Europe auxquelles viennent s’ajouter plus de 70 langues régionales ou parlées par des minorités ainsi que les langues parlées par les populations migrantes, la diversité linguistique en Europe est une réalité, un élément constitutif de l’identité européenne qu’il s’agit de préserver et de promouvoir.
Bon nombre de citoyens européens développent des compétences non seulement dans leur langue maternelle mais dans une ou plusieurs autres langues. De nouvelles compétences linguistiques spécifiques ainsi que des savoir-faire nécessaires afin de pouvoir poursuivre ses études, exercer une activité professionnelle, séjourner ou voyager à l’étranger viennent s’ajouter au répertoire linguistique existant. Il s’ensuit que des stratégies et méthodes d’apprentissage permettant de transférer des connaissances et des savoir-faire d’une langue à une autre gagnent en importance. Finalement, l’apprentissage des langues et la construction de l’identité sont étroitement liés.
Reconnaissant le rôle important des langues dans la vie des citoyens européens et se basant sur les avantages scientifiquement reconnus de l’apprentissage des langues dès le plus jeune âge, le Centre européen pour les langues vivantes (CELV) a lancé un nouveau projet d’une durée de deux ans intitulé « L’éducation aux langues dès le plus jeune âge : Pourquoi et comment le faire chez des enfants de 3 à 12 ans ».
Le projet est axé sur l’apprentissage des langues de 3 à 12 ans. La curiosité et l’enthousiasme innés de jeunes enfants lors de cette phase initiale de leur parcours scolaire face au monde qui les entoure et aux apprentissages qui sont liés à sa découverte créent des conditions optimales pour découvrir de nouvelles langues et pour nourrir le plaisir d’apprendre différentes langues. Lors de cette phase sont posés les fondements aux apprentissages ultérieurs ainsi qu’à l’ouverture et au respect envers d’autres cultures, valeurs et traditions.
Un des objectifs du projet est d’encourager les enseignants/-es et les éducateurs/-trices qui travaillent avec de jeunes enfants à prendre conscience de leur propre plurilinguisme (manifeste ou latent) et à reconnaître le potentiel d’apprentissage qui en résulte. Cette conscience les aide à comprendre l’importance de l’interdépendance des langues qui permet de mettre les compétences dans une langue au profit de l’apprentissage d’autres langues. Dès lors, chaque enfant pourra réinvestir ses acquis linguistiques antérieurs dans de nouveaux apprentissages. Cette démarche contribue à la cohésion sociale dans des environnements multilingues/pluriculturels, non seulement en classe mais aussi dans la société en général. Pour cette raison, un autre but du projet consiste à fournir aux enseignants/-es et aux éducateurs/-trices les ressources qu’ils/elles peuvent utiliser pour soutenir le plurilinguisme des enfants de leurs classes. Des activités concrètes et des exemples de bonnes pratiques seront mis à disposition sur le site du projet.
L’équipe internationale de projet se compose de cinq membres : Flore Schank (chef d’équipe, Luxembourg), Ingeborg Birnie (Royaume-Uni), Déirdre Kirwan (Irlande), Dana Musilová (République tchèque) et Jakob Patekar (Croatie). Le groupe est conseillé par Frank Heyworth. D’autres experts dans le domaine du plurilinguisme et de l’éducation préscolaire participent également au projet en tant que membres associés, tels que Piet van de Craen (Vrije Universiteit Brussel), Adelheid Hu (Université du Luxembourg) et Sandie Mourão (Universidade Nova de Lisboa). D’autres experts vont joindre le groupe au cours du projet.
L’équipe est optimiste que leur travail encourage et aide les enseignants/-es et les éducateurs/-trices à accueillir la diversité linguistique de leurs élèves en milieu scolaire et de faire en sorte que le potentiel linguistique existant ne soit non seulement perçu comme ressource pour des apprentissages ultérieurs mais puisse contribuer au développement d’un meilleur monde multilingue et pluriculturel.